
Chers amis,
Dans la lumière et la joie de Noël, je vous souhaite de très joyeuses fêtes de fin d'année, et de bonnes vacances à ceux qui en ont.
Et que l'année 2009 apporte à chacun ce dont il a besoin.
Ma prière vous accompagne,
Sébastien
Voici le retour de nos commentaires d’Evangile, après des vacances qui ont laissé notre vigne en jachère. Je suis heureux de reprendre ce parcours avec vous, confiant que c’est en se laissant imprégner de la Parole de Dieu que nous pourrons devenir semblables à lui !
Bonne lecture à tous.
Jésus disait aux chefs des prêtres et aux anciens : « Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne.’ Celui-ci répondit : 'Je ne veux pas.' Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla. Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : 'Oui, Seigneur !' et il n'y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ».
Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole.
(Mt 21,28-32)
L’évangile de ce dimanche nous invite à réfléchir sur deux points en particulier : le travail, et l’obéissance à Dieu.
« Mon enfant, va travailler aujourd’hui à ma vigne.»
N’oublions pas que l’image de la vigne est souvent utilisée par Ancien Testament pour représenter la relation de Dieu à son peuple (cf. Is 5, Os 10, Jr 2), et rappelons-nous que dimanche dernier, le maître employait des ouvriers pour sa vigne. Pourquoi, dans ses paraboles, Jésus nous dit-il d’aller travailler aux œuvres du Père ?
En effet, nous pouvons nous dire que Dieu étant le créateur du monde, et même de l’homme, nous sommes tous dans sa main, et qu’il peut faire ce qu’il veut quand il veut. Alors quelle est notre marge de manœuvre ? Quelle est notre place dans le dessein de Dieu ?
Dieu veut l’homme libre. C’est notamment le sens de la première phrase de Dieu à propos de l’homme dans le livre de la Genèse : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu'il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. » (Gn 1,26) Ainsi, Dieu a confié le monde à l’homme.
Une bonne conception du travail peut être celle-ci : continuer l’œuvre de Dieu dans le monde créé pendant le temps que celui-ci nous est confié.
« Lequel des deux a fait la volonté du père ? »
Cependant, dans l’ordre du père à son fils, on ne peut retenir que l’idée de travail ; se pose également la question de l’obéissance. En effet, le premier fils dit qu’il ne veut pas y aller, mais y va quand même, tandis que l’autre fait l’inverse : il dit qu’il est d’accord mais n’y va pas. Et c’est bien le premier dont Jésus fait l’éloge.
Cette parabole nous appelle à l’obéissance. Qu’est-ce exactement que l’obéissance ? Nous avons souvent une image faussée de ce conseil évangélique (cf. le fameux trio : pauvreté, chasteté, obéissance), sans toujours savoir ce qu’il signifie. L’obéissance est d’abord une question de foi. Comme le petit enfant obéit sans se poser de questions à son père qui lui dit de s’éloigner du feu, le croyant obéit à Dieu son Père, confiant que celui-ci veut son bonheur et saura le conduire par le meilleur chemin.
C’est ainsi que les religieux et les prêtres s’engagent à l’obéissance. C’est ainsi que dans une certaine mesure les chrétiens sont invités à obéir à l’enseignement de l’Eglise.
Il ne faut pas de suivre aveuglément des préceptes que nous ne comprenons pas, mais dans un discernement raisonné et libre, de laisser une place importante et privilégiée à la parole de l’Eglise, interprète de la Parole de Dieu, pour mener sa vie. In fine, il s’agit de savoir si oui ou non nous sommes véritablement attachés à la personne du Christ.
« Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. »
C’est bien ce que dit Jésus à la fin de notre texte : « Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ». Pouvons-nous nous dire croyants et nous démarquer de l’enseignement de l’Eglise, et a fortiori de l’Ecriture ? C’est pourquoi Jésus met en premier les publicains et les prostituées qui se sont convertis pour marcher à sa suite (qu’on pense à Matthieu et à Marie-Madeleine), alors que les ‘‘bons croyants’’ de l’époque l’ont condamné et crucifié.
Dans le chapitre 15 de l’évangile selon saint Jean, Jésus dit : « Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. » (Jn 15,5) Cette parole doit nous inviter à revoir en profondeur notre conception du travail et de l’obéissance, ce qui en ce début d’année ne peut pas être inutile !
Puis ce fut l'arrivée en Australie et la découverte du fameux panorama de Sydney, avec l'opéra et le pont de la ville.
Le dimanche 20 juillet, enfin, fut vraiment le sommet de ces Journées mondiales, avec la veillée sur l'hippodrome de la Croix du Sud, puis la Messe finale avec le Pape Benoît XVI.
Il faudra du temps pour tirer un bilan de ces Journées. Mais c'est sûr : ce fut un grand voyage !
Jésus disait aux douze Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; tout ce qui est voilé sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps. Est-ce qu'on ne vend pas deux moineaux pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille. Quant à vous, même vos cheveux sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus que tous les moineaux du monde.Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux.
(Mt 10,26-33)
L’Evangile de ce dimanche, à la veille de la semaine d’évangélisation à Enghien-les-Bains, nous invite à la mission et nous en donne les moyens.
Debout, confiance !
L’appel du Christ à la mission repose sur ce qui pourrait ressembler à un paradoxe : « Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour. » Ce paradoxe nous rappelle le Sermon sur la montagne, où Jésus enseignait qu’il faut, pour prier, se réfugier au fond de sa chambre, dans le secret.
C’est en effet dans la prière d’intimité avec la Christ que nous trouvons la force de l’annoncer, et surtout la vérité dans nos propos.
Car le Christ ne nous invite pas à annoncer n’importe quoi : il veut que nous proclamions « ce que vous entendez dans le creux de l'oreille », c'est-à-dire sa parole, pas la nôtre ! Cela requiert une grande confiance dans ce que nous dit le Christ dans la prière, et une grande disponibilité.
« Dites-le au grand jour »
Cet appel du Christ est explicite – mais il concerne d’abord les disciples ‘‘directs’’ du Christ, ceux qui ont rencontré le Christ ‘‘en chair et en os’’, avant la passion et la résurrection du Seigneur. Reconnaître dans ces propos un appel pour nous est déjà une interprétation, alors prenons garde à ne pas transformer le discours de Jésus.
Néanmoins, nous pouvons comprendre que Jésus nous demande d’annoncer autour de nous ce qu’il nous dit dans le creux de l’oreille, c'est-à-dire ce que nous entendons dans la prière et ce que nous enseigne l’Eglise qu’il a accréditée pour cela. Annoncer autre chose, qui nous conviendrait mieux, mais au nom du Christ, ce serait très grave, ce serait le renier. N’annoncer que le Christ et sa parole, voilà la règle de toute mission d’évangélisation.
Le salut à la clé
Et la fin de l’Evangile de ce jour nous confirme dans les remarques que nous faisons de semaine en semaine, ces derniers temps : c’est de notre salut même qu’il est question ! Jésus le dit clairement : « Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes, moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Il n’y a pas d’autre alternative, entre l’engagement et le reniement. C’est un enseignement important pour tous ceux qui considèrent que la mission de les regarde pas ou qu’ils n’en sont pas dignes. Chacun de nous est appelé, là où il est, à annoncer le Christ. En effet, personne ne peut éviter la question de Dieu et du salut qu’il nous apporte. Et c’est le devoir de chaque chrétien de rendre compte de l’espérance que Dieu a mise en lui.
Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Il ne suffit pas de me dire : ‘Seigneur, Seigneur !’, pour entrer dans le Royaume des cieux ; mais il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ce jour-là, beaucoup me diront : 'Seigneur, Seigneur, n'est-ce pas en ton nom que nous avons été prophètes, en ton nom que nous avons chassé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?' Alors je leur déclarerai : 'Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal !'
Tout homme qui écoute ce que je vous dis là et le met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé et s'est abattue sur cette maison ; la maison ne s'est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et tout homme qui écoute ce que je vous dis là sans le mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, la tempête a soufflé, elle a secoué cette maison ; la maison s'est écroulée, et son écroulement a été complet. »
(Mt 7,21-27)
Un appel à faire les choses avec sérieux et dans la justice
Cet évangile, assez curieusement, m’a rappelé la phrase du général de Gaulle, lors d’une conférence de presse, où il avait dit : « il ne suffit pas de sauter sur sa chaise comme un cabri en criant ‘‘l’Europe ! l’Europe ! l’Europe !’’ »
Peut-être Jésus, lui aussi, veut-il nous inviter à ne jamais prononcer son nom à la légère (cf. les dix commandements : « Tu ne prononceras pas à tort le nom du Seigneur ton Dieu, car le Seigneur n’acquitte pas celui qui prononce son nom à tort. » (Ex 20,7)).
Et c’est sans doute cela que Jésus reproche à ceux qui ont été prophètes, ont chassé des démons et ont fait de miracles : ils se sont dits du Seigneur, alors qu’ils n’écoutaient que leur propre volonté. Or ce que Jésus demande, ce n’est pas de faire des miracles en son nom, mais de « faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. »
La clé du Discours sur la montagne
Il est bon de noter que ce texte se situe à la fin de l’ensemble Mt 5-7, qu’on appelle communément le Discours sur la montagne. C’est dans ce Discours notamment que Jésus fait son enseignement sur la prière, le jeûne et l’aumône, qu’il prononce les Béatitudes et qu’il enseigne le Notre-Père à ses disciples.
Je crois que ce texte peut être pour nous une clé de lecture efficace de ce Discours. Tout ce qu’il a dit jusque-là de la prière, de l’aumône, du jeûne, est conditionné à cette attitude fondamentale qui consiste à faire la volonté de Dieu. C’est tout ce qu’il faut ; mais rien de moins. Jésus nous demande de nous engager à fond, là où nous sommes, dans nos villes, dans nos entreprises, dans nos familles, pour que la volonté de Diue soit faite, sur la terre comme au ciel.
Et aujourd’hui encore nous recevons un éclairage sur la façon dont nous serons jugés au dernier jour si nous n’appliquons pas ce précepte : « Alors je leur déclarerai : 'Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui faites le mal !' »
Bâtir sur le roc
Enfin, je dois dire que cet évangile m’est très cher, car plusieurs fois il m’a confirmé dans ma joie. Aux heures où je me demandais si tout ce que je faisais, même dans la prière, n’était pas un peu artificiel – j’en prenais pour preuve la perpétuelle joie qui m’habite depuis que je me suis décidé à suivre le Christ dans la vocation sacerdotale – plusieurs prêtres m’ont conseillé de relire ce texte.
Ici, Jésus confirme que l’homme peut bâtir sur le roc et résister à la tempête. Il nous dit que si nous écoutons sa parole et qu’en effet nous mettons en pratique la volonté de Dieu pour nous, alors le vent aura beau souffler et la pluie tomber, nous tiendrons le choc.
En même temps, ce texte n’est pas un appel au triomphalisme spirituel, car creuser des fondations, c’est ouvrir le sol. En l’homme, c’est ouvrir le cœur pour y accueillir l’Esprit Saint. C’est donc être vunérable.