vendredi 16 mai 2008

L’Evangile de ce dimanche : « Dieu a tant aimé ce monde… »

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne veut pas croire est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. »
(Jn 3,16-18)

La dignité immense de l’homme

« Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle. » C’est ainsi que Dieu conçoit l’alliance, depuis la Création. Je trouve que cette phrase – choisie comme devise par l’actuel archevêque de Paris – est un beau résumé de l’histoire d’amour entre Dieu et l’homme.
Notons que quand Dieu aime le monde, il sauve l’homme. C’est dire la dignité de l’homme dans la Création ! Et cela doit nous interroger. Maurice Zundel pose cette question dans un livre : « Croyez-vous en l’homme ? » Son propos, en quelque sorte, est de dire ‘‘Croyez-vous en l’homme, autant que Dieu lui-même croit en l’homme ?’’
Il est très important, aujourd’hui, de savoir répondre clairement à cette question, de nous interroger sur notre propre foi en l’homme, en nous-mêmes. Nous avons tôt fait de nous dévaloriser, de nier nos qualités ou de les ignorer, mais au contraire, nourrissons-les et faisons-les croître ! Alors nous ressemblerons à Dieu qui a cru en l’homme jusqu’à donner son Fils unique pour le sauver.

Déjà la question du jugement ne se pose plus

Et dans ce salut de l’homme, il est faux de croire que le Christ vient comme un juge : « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Jésus vient comme l’envoyé d’un Père aimant, d’un Père sauveur. Il vient donc non comme un juge mais comme un sauveur.
Nous sommes déjà jugés, en fonction de notre foi au Christ. Or la foi est une vertu théologale (avec l’espérance et la charité), donc donnée par Dieu. Que pouvons-nous donc faire, pour ‘‘gagner notre ciel’’ ? Rien, assurément. Il nous faut seulement – mais c’est déjà une tâche immense – nous rendre accueillants au don de Dieu, dans la foi au Christ qui vient nous sauver.
C’est pourquoi d’ailleurs le seul péché qui n’est pas pardonnable, selon Jésus, est le péché contre l’Esprit, c'est-à-dire le péché de désespérance où nous n’attendons plus de Dieu notre salut.

Notre salut, participation à la vie trinitaire

Enfin, je cherche à comprendre en quoi ce texte d’Evangile nous éclaire sur la fête de la Trinité que nous célébrons aujourd’hui. Et je crois que la solution est dans un verset suivant de peu notre extrait : « celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu. » (Jn 3,21) L’homme fidèle agit selon la vérité (cf. Jn 14,12) et ainsi, s’agrège peu à peu à la vie même de Dieu. C’est ainsi que nourris de l’Esprit de Pentecôte, l’Esprit de vie donné par Dieu, nous sommes confortés dans notre foi en Dieu et en son Fils Jésus-Christ, et qu’ainsi nous entrons dans la vie trinitaire, la vie de Dieu. D’ailleurs, « Celui qui croit en lui échappe au Jugement », c'est-à-dire que le jugement est déjà prononcé, et donc que la vie éternelle a déjà commencé (cf. Jn 5,24).
Contemplons donc, chers amis, la dignité que Dieu donne à l’homme, puisque déjà, en ce monde, malgré notre faiblesse et nos péchés, nous pouvons avoir part à la vie de Dieu.

Bonne fête de la Trinité !


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