lundi 15 octobre 2007

Le Séminaire des Carmes, une maison de prière... et d'histoire

Elle a quatre cents ans, notre Maison des Carmes, commencée sous Marie de Médicis et toujours habitée, par des frères Carmes, puis des religieuses carmélites, puis encore par des Dominicains, avant de devenir une maison de formation de prêtres, à la fin du XIXe siècle.

Ce qui m'a le plus marqué, en arrivant il y a déjà deux ans, c'est que notre maison été le lieu d'un grand massacre, le 2 septembre 1792. 117 prêtres, dont 4 évêques, ont été assassinés parce qu'ils refusaient de prêter serment sur la constitution civile du clergé. Morts au nom de leur foi, ils ont été béatifiés en 1926 : ce sont les bienheureux Martyrs des Carmes.
C'est sur ce perron que la majorité d'entre eux a péri. La marque "hic ceciderunt" nous dit que c'est là qu'ils sont tombés.


Cette croix de gloire, signe que par sa mort le Christ nous a sauvés par amour, a été comme le témoin du martyre de ces prêtres car elle se trouvait le 2 septembre 1792 dans une chapelle au fond du jardin, où quelques religieux priaient au moment où ils furent surpris par leurs bourreaux. Installée désormais dans la chapelle du Séminaire, elle est pour nous comme la présence des bienheureux Martyrs autour de nous. Nous le croyons : ils prient pour que notre foi ne défaille pas et ils nous accompagnent dans notre marche vers le Seigneur.


L'intérieur de la maison, enfin, est très impressionnant ; en témoigne la photo du couloir ci-dessous. Nous dormons vraiment dans les cellules qu'ont occupées les moines il y a quatre cents ans, et nous marchons sur leurs pas. Pas une fois, je ne peux passer dans ces couloirs sans penser à tous ceux qui nous ont précédés dans ces murs : frère Laurent de la Résurrection, les Martyrs, le Père Lacordaire, Dom Christian de Chergé... Il est difficile de rester indifférent devant cette foule immense !


Si vous voulez en savoir plus, venez me voir au Séminaire ! Vous ne serez pas déçus !

L'insertion pastorale : un lien nécessaire avec le diocèse


« Exilé » à Paris pour mes études, je retrouve le beau diocèse de Pontoise tous les week-ends, dans le cadre de mon insertion pastorale. Ce lien régulier est pour moi très important. Je vais essayer de vous dire pourquoi.


« Le Val d’Oise,
une terre de rencontre »

C’est un peu le slogan de notre diocèse, et c’est vrai ! Depuis deux ans, dans ma paroisse d’insertion et sur le terrain des gens du voyage où je fais du caté, je découvre beaucoup de personnes très différentes. Les rencontres de la pastorale des 18-25 ans sont aussi une bonne occasion de connaître des val-d’oisiens. Je crois vraiment que le prêtre doit être une personne de rencontre, et je trouve une grande joie dans toutes mes activités diocésaines.

Un lieu de vérification de ma vocation

Par ailleurs, l’insertion pastorale est comme une confrontation au « métier de prêtre », très importante dans mon discernement. Chaque week-end, je partage le toit, la table et la prière de deux prêtres qui me disent ce qu’ils font, ce qui les rend heureux, ce qui est difficile… C’est pour moi un moyen très sûr de ne pas idéaliser la vie des prêtres, et de savoir à quoi je m’engage.

Un soutien essentiel de ma formation

Enfin, le diocèse de Pontoise représente pour moi une aide nécessaire au bon déroulement de ma formation au Séminaire. En effet je perçois, au cours de toutes les rencontres que je fais, les attentes des gens, leurs interrogations, leurs peurs, tout ce que je pourrai les aider à vivre. C’est très motivant pour moi. Et le soutien et l’affection de tous ceux qui veulent bien prier pour moi, particulièrement dans le Val-d’Oise, me donne de vivre les moments plus difficiles. Ceux qui me connaissent me savent joyeux : je suis certain que ma joie est le fruit de la prière de ceux qui m’entourent.

Alors je compte sur votre prière et je vous en remercie déjà !

« La prière du Rosaire a fait une nouvelle place au Christ dans ma vie »

Le Rosaire tient dans mon histoire une place toute particulière, à la fois très simple et très importante. Je crois vraiment qu’à la fin de mes études, la prière quotidienne du Rosaire a fait une nouvelle place au Christ dans ma vie, et a contribué à me poser concrètement la question de mon choix de vie.

Le Rosaire, prière du quotidien

Etudiant en école de commerce, j’ai vite compris qu’il me fallait trouver des moyens pour soutenir ma vie de prière, dans les journées de travail où les transports et les activités diverses rongeaient mon temps libre. C’est de cette époque que datent mes débuts dans la prière des Heures. J’avais aussi trouvé que le Rosaire pouvait être un outil pratique de prière dans le métro : un peu de par-cœur pour retenir les mystères et un chapelet au fond de la poche, et le tour est joué ! Et me voilà, priant mon chapelet tous les matins entre Saint-Michel et Montparnasse.

Le Rosaire, prière du Christ dans ma vie

Ce qui jusque-là ressemble à une gentille anecdote de jeune businessman en manque de spiritualité s’est avéré beaucoup plus important : la prière quotidienne du Rosaire a opéré un repositionnement de ma vie par rapport aux mystères du Christ. La méditation régulière de l’Annonciation, de Cana, de la Crucifixion ou de la Pentecôte a creusé en moi – et Marie n’y est pas étrangère – une place pour le Christ.

Le Rosaire et mon choix de vie

Et cette place a grandi, à tel point que je n’ai plus été capable d’envisager ma vie sans le Christ. C’est en ce sens que le Rosaire a participé de l’émergence de la question de mon choix de vie : le « qu’est-ce que je vais faire plus tard ? » est devenu « qu’est-ce que je vais faire avec le Christ ? » Et peu après je suis entré au Séminaire.