jeudi 14 mars 2013

Habemus Papam !


Marines, ce 14 mars 2013

Chers frères et sœurs,

Nous sommes dans la joie d'accueillir notre nouveau Pape ! Les cloches des églises du monde entier ont retenti hier soir peu après 19 heures pour saluer l’élection du Pape François.

Né en 1936, l’ancien archevêque de Buenos Aires est un ascète, qui a toujours fait du combat pour les pauvres sa priorité. Jorge Mario Bergoglio est le premier pape latino-américain et le premier jésuite accédant au Souverain Pontificat. « Il écoute deux fois plus qu’il ne parle et perçoit bien plus que ce qu’il écoute », confiait un de ses proches à La Croix en 2005. Nous apprendrons à connaître notre nouveau Pape dans les jours à venir, notamment lors de la Messe inaugurale du Pontificat, mardi prochain 19 mars.

Plus particulièrement, je rends grâce à Dieu pour l’élection du Pape François qui nous encourage à poursuivre notre mouvement vers les plus pauvres de notre paroisse, que je confie à l’intercession du Poverello d’Assise.

Merci, Messieurs les Cardinaux, d'avoir écouté l'Esprit Saint. Merci, Très Saint Père, d'avoir obéi à Sa volonté ! Vive le Pape François !

Abbé Sébastien Thomas +, curé

dimanche 10 février 2013

Lettre pastorale « L’amour du Christ nous presse. »






   








Lettre pastorale
de l’abbé Sébastien Thomas, curé,
à tous les paroissiens du groupement de Marines

« L’amour du Christ nous presse. »



Chers frères et sœurs,
D
epuis mon arrivée dans le Vexin et mon installation comme votre nouveau curé, j’ai découvert peu à peu nos villages, visité les églises, rencontré les acteurs de la vie sociale et paroissiale. Depuis près de six mois, j’ai commencé à connaître ces deux cantons de Marines et de Vigny, et vous avez commencé à me connaître. Vous le savez, je suis arrivé sans expérience et sans programme pastoral. Fraîchement sorti des études, j’aurais été bien en peine de vous dire comment j’envisageais les choses a priori !
Par cette lettre pastorale, je voudrais partager avec vous un projet qui est né au cours de ces découvertes, de ces visites et de ces rencontres. Grâce à nos échanges, favorisés par le bon accueil que vous m’avez tous réservé parmi vous, je connais à présent mieux notre paroisse, j’en comprends mieux l’organisation, j’ai pu en discerner les forces et les faiblesses. Aujourd’hui, il me semble important que sans tarder notre communauté chrétienne se tourne résolument vers les plus pauvres. Ce projet, je le porte déjà depuis plusieurs semaines dans la prière. La Providence a voulu que la retraite des prêtres du diocèse de Pontoise soit prêchée en décembre dernier par Jean Vanier, fondateur de l’Arche, sur le thème « transformés par la rencontre des plus pauvres ».
Permettez-moi de reprendre avec vous les prémices de ce projet, puis d’en donner quelques bases théologiques et spirituelles, avant d’en tracer les grandes lignes.

1.      Un constat
En arrivant dans le Vexin, j’ai été rapidement étonné par le faible nombre de demandes de communion pour les malades et les personnes âgées – et je n’ai pas encore célébré une seule fois le sacrement des malades. J’ai donc proposé d’aller rendre visite à ces personnes chez elles, selon l’invitation de Jésus : « j’étais malade et vous m’avez visité » (Evangile selon saint Matthieu 25,36).
Ma surprise a été grande, car très vite j’ai été débordé, et je n’ai pas pu visiter toutes les personnes qui m’avaient été indiquées – et je ne parle pas des visites de l’hôpital et des maisons de retraite, que je n’ai pu accomplir jusqu’ici. Confronté à mes propres limites, j’ai alors demandé de l’aide, et je me suis rendu compte que beaucoup désiraient visiter les malades et leur porter la communion, mais qu’ils avaient peur de ne pas savoir comment faire, d’être maladroits.
D’autres rencontres m’ont révélé l’état de pauvreté d’une grande partie de la population de nos deux cantons. L’absence d’une famille solide, l’inactivité durable, l’alcool, la drogue, la perte du sens moral, et tant d’autres facteurs abîment notre société, et ne croyons pas que notre Vexin en soit exempt. Je suis déjà témoin de nombreuses pauvretés, des pauvretés qui se cachent, des pauvretés que trop souvent nous ne voulons pas voir, mais des pauvretés qui nous appellent et qui ne peuvent nous laisser indifférents. Il serait confortable de se laisser croire que ces pauvretés n’existent pas. Mais « l’amour du Christ nous presse » (2e Lettre aux Corinthiens 5,14) et nous ne pouvons pas rester sans réagir.
Beaucoup d’initiatives individuelles existent déjà, nombreux sont ceux qui vont visiter des malades et des personnes âgées, ou qui s’engagent pour aider les plus démunis. Les municipalités sont également attentives aux plus pauvres, et elles œuvrent avec efficacité. Les associations ne manquent pas, qui organisent l’action contre la pauvreté, en France ou à l’étranger. Mais je crois que notre paroisse doit elle aussi se mettre en marche, en tant que paroisse.

2.      Une conviction
Cette conviction est simple : notre paroisse, constituée de trente-cinq villages, forme un tout. Elle est le Corps du Christ dans les cantons de Marines et de Vigny. En tant que telle, elle doit se mettre au service des plus pauvres, comme le Christ lui-même l’a fait : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, » (Evangile selon saint Luc 4,18).
Les pauvretés sont nombreuses, elles prennent des visages très divers, j’en ai déjà énuméré un certain nombre. Chacun de nous ne peut pas s’attaquer à tous les problèmes en même temps, mais notre complémentarité constitue la force du Corps du Christ dont nous sommes les membres, selon la belle image de saint Paul : « notre corps forme un tout, et pourtant nous avons plusieurs membres, qui n’ont pas tous la même fonction ; de même, dans le Christ, tous, tant que nous sommes, nous formons un seul corps ; tous et chacun, nous sommes membres les uns des autres. » (Lettre aux Romains, 12,4-5).
L’image du corps et des membres peut également nous convaincre de la nécessité d’agir contre la souffrance de nos frères et sœurs : « Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie. Or, vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps. » (1ère Lettre aux Corinthiens, 12,26-27).
Il faut donc que toutes les facultés du Corps du Christ se mettent en œuvre : que les yeux et les oreilles soient vigilants pour reconnaître les pauvretés et les souffrances de notre temps et alerter les autres membres, que la tête réfléchisse à la façon dont le corps peut agir, que les mains et les pieds s’activent au service des plus pauvres, et surtout : que chacun de nous se reconnaisse aussi dans le Cœur du Christ, pour que nous sachions aimer mieux les personnes que nous rencontrerons.

3.      Un projet
Vous le voyez, c’est d’abord la charité qui doit nous mouvoir. Non pas une charité froide qui nous satisferait parce que nous aurions donné de notre superflu pour une œuvre, mais véritablement l’amour même de Dieu, qu’Il met dans nos cœurs et qu’Il fait grandir. C’est pourquoi tous les grands saints de l’Eglise, jusqu’à la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta, invitent à privilégier la rencontre des pauvres à toute autre action. Pour être plus précis, disons que les actions en faveur des pauvres seront toujours la conséquence de la rencontre des personnes. Prenons exemple sur Jésus lui-même qui, avant de guérir l’aveugle Bartimée, entre en dialogue avec lui : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » (Evangile selon saint Marc, 10,51). C’est ainsi que, pour reprendre les mots de Jean Vanier,  nous devons passer de la générosité à la communion. Passer de la générosité à la communion, c’est reconnaître que nous-mêmes avons besoin des autres, que nous sommes pauvres, et que nous grandissons ensemble, les uns grâce aux autres.
Au XVIIe siècle, nos villages ont été sillonnés par un grand saint missionnaire. Jeune oratorien, saint Jean Eudes a vécu à Marines, avant de fonder en 1643 la Congrégation de Jésus et Marie (les Eudistes) au service de la formation du clergé et de l’évangélisation des campagnes. Et il séjourna aussi plusieurs fois à Ableiges. Il a laissé de nombreux écrits, notamment concernant « les œuvres de miséricorde spirituelle et corporelle [qui sont] l’office et métier principal de tous les chrétiens, de quelque condition qu’ils soient[1]». Serviteur infatigable, saint Jean Eudes a trouvé sa force et son endurance dans l’amour des Cœurs de Jésus et Marie, auxquels il s’est consacré dans l’église de Marines le 25 mars 1624. C’est pourquoi je souhaite qu’il soit le patron de notre mouvement qui commence.
Dans la prière, la réflexion et le dialogue, nous établirons progressivement cette Communion Saint-Jean-Eudes. Toutes les propositions seront les bienvenues, et je suis à votre disposition pour échanger toutes nos idées. Tous, nous devons nous sentir concernés ; tous, nous avons notre part dans la mission. Je compte sur chacun de vous. Une équipe sera bientôt mise en place pour coordonner la réflexion et proposer des orientations. Elle s’appuiera sur les actions qui existent déjà dans notre paroisse en faveur des plus pauvres.
N’ayons pas peur face aux pauvretés que nous pouvons rencontrer, les nôtres et celles des autres. Nous nous sentons parfois seuls devant elles, nous serons nombreux ! Nous nous sentons désarmés, nous ferons des formations et nous trouverons des moyens de lutter. Passons de la générosité à la communion, et tout sera possible :  « vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps. »

Conclusion
La proximité cette année entre la date de la Journée mondiale des malades et celle du mercredi des Cendres donne à cette lettre une dimension d’exhortation de Carême. Le temps de préparation à Pâques dans lequel nous entrerons dans trois jours sera pour nous le temps du mûrissement de ce projet. Car la prière, le jeûne et l’aumône doivent nous conduire droit vers les plus pauvres et les plus souffrants, davantage encore en cette année Diaconia que l’Eglise de France a voulu leur consacrer en priorité.
Dans son message pour la Journée mondiale des malades, le Saint-Père nous encourage : « L’Année de la foi que nous sommes en train de vivre constitue une occasion propice pour intensifier la diaconie de la charité dans nos communautés ecclésiales, pour être chacun un bon samaritain pour l’autre, pour celui qui se tient à côté de nous[2]. » Je vous invite donc à un triple effort de vigilance, de créativité et d’action pendant ce temps de Carême, pour que Dieu suscite dans notre paroisse l’œuvre qu’Il désire.
Vigilance, d’abord, pour reconnaître autour de nous les besoins de nos prochains, pour nous laisser surprendre par des détresses que nous ne voyions pas jusque-là. Créativité, ensuite, car il nous faudra trouver de nouveaux moyens pour aller à la rencontre de nos frères et sœurs, et pour lutter contre toutes les pauvretés : formations, locaux, financements, il nous faudra tout inventer. Action, enfin, car le risque est toujours de se payer de mots. Ne nous contentons pas de bonnes intentions, mais mettons-nous en marche !
Les jeudis du temps de Carême nous aideront à mettre en œuvre ces trois axes : nous nous retrouverons chaque jeudi au Centre Saint-Remy de Marines à 19 heures pour partager un repas de jeûne et découvrir un aspect de la pauvreté dans notre paroisse, avec un intervenant invité. La soirée se poursuivra comme d’habitude par la Messe à 20h30 et l’adoration jusqu’à 22 heures.
Pour mener cet effort, nous avons besoin de l’aide du Saint Esprit. Rendons-nous disponibles à son inspiration en priant longuement, en lisant la Sainte Ecriture, en vivant des sacrements – en particulier l’Eucharistie et la Réconciliation. L’Heure sainte du jeudi soir et nos assemblées dominicales sont à cet égard des temps privilégiés.
Et confions-nous à l’intercession de saint Jean Eudes dont la statue orne le chœur de l’église de Marines depuis ce dimanche, en reprenant ensemble une prière qu’il proposait avant la visite des pauvres, des malades et des affligés :
O Jésus, je vous offre cette action
en l’honneur et union du même amour
avec lequel vous êtes venu du ciel en terre
pour visiter les pauvres
et consoler les affligés.
Je me donne à vous pour consoler
et aider les affligés et les pauvres,
autant que vous le désirez de moi.
Faites-moi participant, s’il vous plaît,
de la charité très grande
que vous avez pour eux
[3].

De tout cœur, je vous bénis !

Fait à Marines, ce dimanche 10 février 2013, Journée mondiale des malades.



Abbé Sébastien Thomas
Curé des paroisses
du groupement de Marines




[1] S. Jean EUDES, Œuvres complètes, publié par J. Dauphin et Ch. Lebrun, Vannes, 1905-1911, 12 vol., in-16, T. II, pp.432 et 470 (Catéchisme de la Mission).
[2] Benoît XVI, Message pour la XXe Journée mondiale du Malade (2 janvier 2013), n°4.
[3] S. Jean EUDES, Œuvres complètes, publié par J. Dauphin et Ch. Lebrun, Vannes, 1905-1911, 12 vol., in-16, T. I, p.450 .

jeudi 31 janvier 2013

mercredi 14 novembre 2012

3e Lettre à Adveniat




Lettre à la fraternité missionnaire Adveniat

« Je veux louer le Seigneur tant que je vis.»
(Psaume 145,2)


Marines, ce 14 novembre 2012


Chers frères et sœurs d’Adveniat,

         A
lors que l’année scolaire et universitaire est déjà bien entamée, je suis heureux de m’adresser de nouveau à vous, à quelques jours de notre premier week-end de formation qui aura lieu à Franconville, samedi 17 et dimanche 18 octobre prochains. Ce week-end portera sur la louange, condition essentielle de la nouvelle évangélisation.

         Les dernières semaines ont été riches en enseignements de la part de l’Eglise. Le Synode des Evêques qui s’est tenu au mois d’octobre à Rome avait pour thème « La Nouvelle Evangélisation pour la transmission de la foi chrétienne ». Nous sommes donc particulièrement concernés par les travaux de cette assemblée convoquée par le Pape.

         Par ailleurs, le 8 novembre dernier, Lorraine et moi-même avons été reçus par l’abbé Pierre Machenaud, délégué diocésain en charge de la pastorale des jeunes, pour faire un point sur les activités d’Adveniat au cours de l’année passée. Nous avons vécu une belle rencontre, renouvelant les liens profonds de notre fraternité avec le diocèse de Pontoise.

         Vous le voyez, une lettre n’est pas de trop, pour que nous soyons stimulés dans notre mission et dans notre vie chrétienne !

1.       Les premiers enseignements du Synode

De l’avis de tous les témoins, la réunion du Synode des Evêques du mois d’octobre dernier a constitué un temps de grâce et de louange pour toute l’Eglise. Cinquante ans après l’ouverture du Concile Vatican II, il a été comme une nouvelle Pentecôte pour l’Eglise qui s’est mise à l’écoute de la Parole de Dieu, dans la docilité à l’Esprit Saint, pour annoncer encore et toujours la Bonne Nouvelle de Jésus Christ.
J’aimerais que vous lisiez quelques extraits des moments fondamentaux de ce Synode, l’homélie d’ouverture de Benoît XVI, le Messe final du Synode et l’homélie de clôture du Saint-Père.

En ouverture du Synode, le Pape a voulu rappeler que la mission d’évangélisation est constitutive de l’identité-même de l’Eglise :

L’Eglise existe pour évangéliser. Fidèles au commandement du Seigneur Jésus Christ, ses disciples sont allés dans le monde entier pour annoncer la Bonne Nouvelle, en fondant partout les communautés chrétiennes. Avec le temps, elles sont devenues des Églises bien organisées avec de nombreux fidèles. A des périodes historiques déterminées, la divine Providence a suscité un dynamisme renouvelé de l’activité évangélisatrice de l’Eglise[1].

La nouvelle évangélisation s’inscrit donc dans l’évangélisation en général qui est la raison d’être de l’Eglise. Et c’est bien ce que les Pères synodaux ont voulu exprimer dans leur Message final :

 Conduire les hommes et les femmes de notre temps à Jésus, à la rencontre avec lui, est une urgence qui touche toutes les régions du monde, celles de récente tout autant que celles d’ancienne évangélisation. Partout en effet se ressent le besoin de raviver une foi qui risque de s’obscurcir en des contextes culturels qui en entravent l’enracinement personnel, le rayonnement social, la clarté de contenu et les fruits cohérents[2].

Nous le savons bien, le contexte culturel et social de notre France correspond bien à celui que décrit le message. Et nous pouvons retenir ces quatre axes pour notre mission :
-         l’enracinement personnel
-         le rayonnement social
-         la clarté du contenu
-         les fruits cohérents

Au cours de cette année, une telle liste pourrait constituer pour chacun de nous comme une grille d’évaluation : qu’en est-il de mon enracinement personnel en Jésus-Christ ? comment cela rayonne-t-il dans ma vie, autour de moi ? suis-je clair quant au contenu de ma foi et de l’annonce que j’en fais ? les fruits que j’en retire sont-ils en cohérence avec ma vie et mon désir de sainteté ?

En effet, la première chose à faire pour évangéliser, c’est de se réformer soi-même, de se convertir, pour adhérer de tout son être à Jésus. C’est vrai également de notre fraternité, et de toute l’Eglise comme corps du Christ :

Ne pensons surtout pas que la nouvelle évangélisation ne nous concerne pas personnellement ! Ces jours-ci, à plusieurs reprises, des voix se sont levées parmi les évêques pour rappeler que, pour pouvoir évangéliser le monde, l’Eglise doit avant tout se mettre à l’écoute de la Parole. L’invitation à évangéliser se traduit en un appel à la conversion.Nous sentons sincèrement le devoir de nous convertir avant tout nous-mêmes à la puissance du Christ, qui seul est capable de renouveler toute chose, surtout nos pauvres existences[3].

Que c’est beau, de voir des évêques affirmer avec une telle humilité et en même temps une telle force leur désir de se convertir ! Voilà pour chacun de nous un exemple à ne pas oublier.

Plus précisément, les évêques parlent ensuite de nous, les jeunes évangélisateurs. Je vous avais déjà cité les paroles du Saint-Père aux jeunes réunis à Rome le 16 octobre 2011 – une dizaine d’entre nous y étaient. Voici les paroles optimistes du Synode nous concernant :

Les jeunes nous tiennent à cœur de manière toute particulière, parce que, tout en étant une part importante du présent de l’humanité et de l’Eglise, ils en sont aussi l’avenir. Également en ce qui les concerne, le regard des évêques est tout sauf pessimiste. Il est certes préoccupé, mais non pas pessimiste. Préoccupé parce que les pressions les plus agressives de notre temps convergent principalement vers eux; mais non pas pessimiste. Avant tout parce que – nous y insistons – l’amour du Christ est ce qui façonne l’Histoire en profondeur. Mais aussi parce que nous voyons chez nos jeunes une profonde aspiration à l’authenticité, à la vérité, à la liberté et à la générosité, aspiration pour laquelle seul le Christ est en mesure d’être une réponse satisfaisante, nous en sommes convaincus.Nous voulons les soutenir dans leur recherche, et nous encourageons nos communautés à entrer sans réserve dans une attitude d’écoute, de dialogue et de proposition courageuse concernant la condition difficile des jeunes[4].

Authenticité, vérité, liberté, générosité : voilà les quatre piliers spécifiques de notre action de l’Eglise. J’y vois encore comme une grille d’évaluation de notre vie chrétienne, valable pour chacun de nous.

Dans son homélie pour la Messe de clôture du Synode, Benoît XVI a encouragé toute l’Eglise à s’engager dans la Nouvelle Evangélisation :

La Nouvelle Evangélisation concerne toute la vie de l’Eglise. Elle se réfère, en premier lieu, à la pastorale ordinaire qui doit être toujours plus animée par le feu de l’Esprit, pour embraser les cœurs des fidèles qui fréquentent régulièrement la Communauté et qui se rassemblent le jour du Seigneur pour se nourrir de sa Parole et du Pain de la vie éternelle[5].

Laissons-nous donc animer par le feu de l’Esprit, chers frères et sœurs d’Adveniat !

2.       Les liens d’Adveniat avec le diocèse de Pontoise

Le 8 novembre dernier, comme je vous l’écrivais plus haut, Lorraine et moi avons fait avec l’abbé Pierre Machenaud un bilan des activités d’Adveniat au cours de l’année passée. Mgr Daniel Ducasse, notre administrateur diocésain, continue de suivre Adveniat avec confiance et affection. Relisant ensemble les grands moments de cette année 2011-2012, de Domont à Garges-lès-Gonesse et d’Argenteuil à Notre-Dame-de-France, nous avons présenté à notre délégué diocésain les enjeux principaux pour cette année, les forces de notre fraternité et aussi ses fragilités, en rendant grâce à Dieu pour tout cela, dans la confiance qu’il saura nous guider où il veut si nous lui sommes fidèles.

L’abbé Machenaud nous encouragés dans notre mission, avec beaucoup d’enthousiasme, et il nous a invités à nous engager toujours plus dans une collaboration fructueuse avec le diocèse. Nous sommes tous convaincus que c’est dans le diocèse que Dieu nous veut, car « où est l’évêque, là est l’Eglise » (saint Ignace d’Antioche).

Dans l’attente d’un nouvel évêque de Pontoise, nous rendons grâce à Dieu pour le ministère de Mgr Jean-Yves Riocreux qui a su accompagner et soutenir Adveniat dans les premières années de son existence.

Avec tout le diocèse, nous faisons nôtre la prière pour demander la grâce d’accueillir notre futur évêque :

Dieu qui es notre Pasteur éternel,
tu mènes ton Eglise avec sollicitude,
et tu es pour elle un maître plein d’amour ;
Donne à notre diocèse de Pontoise
un Evêque qui conduise
le Peuple de Dieu en Val d’Oise
en vrai représentant du Christ :
Qu’il instruise ton peuple dans la foi,
qu’il le sanctifie par tes sacrements,
et le gouverne selon ton volonté.
Et rends-nous disponibles
pour l’accueillir tel que tu nous le donneras.

Quelques nouveaux défis ont été évoqués avec l’abbé Machenaud, et le diocèse attend de nous que nous soyons authentiques, vrais, libres et généreux, exactement comme les Pères du Synode. Continuons donc de nous engager au service du Christ, dans l’Eglise qui est à Pontoise, le diocèse nous encourage et nous soutient dans cette mission !



3.       La louange, au cœur de nos vies

Lauda, Sion, Salvatorem,
Lauda ducem et pastorem
In hymnis et canticis.

« Sion, loue ton Sauveur, loue ton chef et ton pasteur par des hymnes et des cantiques ! » C’est par ces mots que commence la séquence de la fête du Saint-Sacrement. Chacune de nos vies doit être marquée par la louange du Seigneur, car il est notre Créateur et notre Pasteur, c’est lui qui prend soin de nous chaque jour, nous en faisons tous l’expérience.

Reconnaissant Dieu pour notre Créateur et notre Père, nous nous reconnaissons en même temps comme frères et sœurs les uns des autres. C’est le fondement du double commandement de l’amour que Jésus nous a donné pour accomplir toute la Loi de l’ancienne alliance :

Un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
(Mc 12,28b-31)

La louange, que nous allons mieux découvrir au cours du week-end prochain, nous conduit donc directement à la charité fraternelle. C’est ce que synthétise la belle prière d’ouverture de la nouvelle Messe pour la Nouvelle Evangélisation, que Rome nous a donné récemment :

Dieu qui, par la puissance du Saint-Esprit, as envoyé ton Verbe porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, fais que en gardant les yeux fixés sur lui,nous vivions toujours dans une charité sincère,pour annoncer l’Évangile et en témoigner  dans le monde entier[6].


La Bonne Nouvelle du salut engendre notre louange, et la louange nous pousse à la charité. « L’amour du Christ nous presse » (2 Cor 5,14). C’est dans cet esprit que je vous invite à commencer cette Année de la foi proposée par le Saint-Père. Le Pape et les évêques vous soutiennent, chers frères et sœurs d’Adveniat, ils vous soutiennent par leurs prières et leurs enseignements, cette lettre a voulu en témoigner. Toute l’Eglise est engagée dans cette Nouvelle Evangélisation initiée par le Pape Paul VI, poursuivie par Jean-Paul II et à présent par Benoît XVI.




Avec les mots du Bienheureux Jean-Paul II, confions-nous à l’intercession de la Vierge Marie :

O Marie, au matin de la Pentecôte,
Tu as soutenu par la prière
le début de l’évangélisation entreprise par les Apôtres
sous l’action de l’Esprit saint.
Par ta protection constante
continue à guider, aujourd’hui aussi,
en ces temps d’appréhension et d’espérance,
les pas de l’Eglise qui, docile au mandat de son Seigneur,
nous pousse, avec la ‘‘Bonne Nouvelle’’ du salut,
vers les peuples et les nations de toute la terre.
Oriente nos choix de vie,
réconforte-nous au moment de l’épreuve,
afin que, fidèles à Dieu et à l’homme,
nous affrontions avec audace et humilité
les sentiers mystérieux du ciel,
pour porter à l’esprit et au cœur de chaque personne
la joyeuse annonce du Christ Rédempteur de l’homme.
O Marie, Etoile de l’Evangélisation, chemine avec nous !
Amen[7].

Je vous bénis tous, en attendant d’avoir la joie de vous revoir.
Que son règne vienne !



Sébastien Thomas +
prêtre



[1] Benoît XVI, Homélie du 7 octobre 2012.
[2] Synode des Evêques sur la Nouvelle Evangélisation, Message final au Peuple de Dieu (26 octobre 2012), n°2.
[3] Message final du Synode au Peuple de Dieu (26 octobre 2012), n°5.
[4] Message final du Synode au Peuple de Dieu (26 octobre 2012), n°9.
[5] Benoît XVI, Homélie du 28 octobre 2012.
[6] Collecte de la Messe pour la nouvelle évangélisation (17 juin 2012)
[7] Bx Jean-Paul II, Audience générale du 21 octobre 1992.